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Photos © Societé de Gens des
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(version abrégée de la biographie de Delly de prochaine publication)
Delly est le pseudonyme collectif de Jeanne Henriette Marie Petitjean de La Rosière (1) (Avignon, 1875-Versailles, 1947) qui publia ses premières œuvres sous le nom M. Delly et de son frère Frédéric Henri Joseph né le 6 Fevrier 1876 a Vannes, (Meurthe-et-Moselle), mort en 1949 à Versailles, (Yvelines) à l'âge de 73 ans.
Écrivains de littérature sentimentale populaire ils écrivent une centaine de roman et nouvelles (la bibliographie Delly établie par Jean-Luc Buard paraitra en 2010 dans le numéro du Rocambole consacré à Delly)
Les frères de La Rosière étaient fils de Marguerite Marie Charlotte Gaultier de La Rosière et Louis Ernest Petitjean (1833-1910) Après son mariage, Marguerite Charlotte adopte comme nom de famille celui de Petitjean de La Rosière.
La mère de Delly était cousine germaine de Marie Sophie Dutfoy, mère de Marthe de Courson de la Villeneuve qui écrit quelques romans pour La Semaine de Suzette sous le nom de M de Carnac (2)( v. M. de Carnac - Biblioteca dei Miei Ragazzi)Le père, chef d'escadron d'artillerie, Chevalier de la Legion d'Honneur après des fréquents changements de garnison, en passant par Avignon et Vannes, où naquirent ses enfants, acheva sa carrière avec le grade de Commandant.
Marie et son frère passerent leur jeunesse a Vannes. Marie garda toute sa vie le souvenir de la Bretagne et y ambienta nombreuses des ses histoires si bien que beaucoup de monde la croit bretonne. Elle reçut l'éducation sommaire des jeunes filles de bonne famille au Couvent des Dames de La Retraite à Vannes où elle appris le calcul, la grammaire, quelques arts ménagères et le piano. Par contre, son frère après ses études supérieurs entama des études en droit.
La "Retraite" à VannesA la retraite du Commandant (1887) la famille s'installe à Versailles rue de la Bonne-Aventure. Les cousins Durel, Charles et Mathilde, fils de la soeur de Charlotte Marguerite vivent avec eux après la mort de leur mère. Les deux cousines continuent leurs études à l' Ecole Secondaire Municipale, 32 avenue de Paris. Cette école était subventionée par la mairie de Versailles, mais avait une telle réputation de neutralité religieuse que même des familles catholiques y envoyait leur filles.
Marie est une fille à l'apparence timide, réservée et rêveuse, une véritable rosière qui n'aime pas la vie mondaine. Au bals, aux réceptions, aux visites elle préférait s'isoler á lire le genre de lecture permise aux jeunes filles bien élevées de l'époque, dont elle se régalait: des romans de Zenaide Fleuriot (1829-1890), Marie Maréchal (n.1831) et surtout Marlitt (1825-1887), dont les héros étaient beaux, virils, courageux et nobles, protagonistes d'aventures passionnées et passionnants, qui, rendaient insignifiants les jeunes gens de son entourage. Au lieu de vivre la vie, Marie la rêvait. Elle reçut quelque demande de mariage, qu'elle refusa. Elle vecut une innocente amourette avec un ami de son cousin Durel, qui finit brusquement lorsque on decouvrit que le jeune homme avait une maitresse.Inspirée par ses lectures Marie écrivait des histoires — comme beaucoup de jeunes filles de son âge et milieu — en cachette de sa famille. Elle envoya ses manuscrits à quelques editeurs, entre autres H. Gautier, qui en 1903 publia en volume (sans pre-publication feuilleton) le roman Dans les ruines. En 1904 il l'inclut dans l'offre «Bibliothèque Bureau», un meuble avec 75 volumes, à coté d'auteurs vedettes de la Maison Gautier-Blériot comme Donal, Maryan, Dombre, Fleuriot, Aigueperse.
Un deuxieme roman L'Etincelle parut en 1905 chez l'editeur Paillart d' Abbeville apparemment aux frais de Mme Sophie Dutfoy (2)
Sophie Dutfoy née Weyer était la belle sœur de Jeanne Mathilde Ernestine Dutfoy la grand-mère maternelle de Delly. Née à Moscou, fille du consul de France, elle avait épousé Armand Dutfoy (le frère d'Ernestine) dont la famille habitait et avait des intérêts commerciaux en Russie depuis le début du siècle.(3)
En 1849 Armand et Sophie Dutfoy s'établirent en France. Ils habitèrent Paris, 13, rue Scribe et puis achetèrent une propriété à Meudon alors Bellevue et un hotel particulier a l'avenue Gabriel a Paris. (à Meudon habitaient aussi Louis Blériot et son frère Charles Félix, qui en 1885 vendit sa maison d'édition à Henri Gautier. )
Femme de monde, cultivée, s'intéressant de littérature, sciences, philosophie, avec des entrées dans les milieux littéraires, Sophie fréquenta le Salon religieux de Mme Swetchine, lieu de rencontre de l'élite intellectuelle catholique de l'époque. Elle s'occupait d'œuvres religieuses et de bienfaisance.
Une femme très riche (son mari lui laissa à sa mort en 1885 une fortune de cinq millions de francs) et généreuse elle gâtait sa tribu des neveux et nièces avec cadeaux et argent. Une de ses petites-nièces était Marthe de Courson de la Villeneuve qui devint aussi une écrivain sous le pseudo de M. de Carnac.
La Tante Sophie qui joua un rôle décisif dans la carriere littéraire de sa petite-nièce Marie
courtesy Jacques Dutfoy from
DUTFOY CATOIRE LEVE HISTOIRE DE FAMILLE
by Jacques & Solange Dutfoy, 2007
(Photo Property©Jacques Dutfoy)A partir de 1906 les romans Delly deviennent une avalanche. Elle en avait plusieurs dejà prêts ecrits entre son adolescence et 1901/02.
En 1906 paraient La Maison du Lis (La Semaine de Suzette), La Citoyenne Orlogan (L'Ouvrier) Les Hiboux des Roches Rouges (Les Veillées des Chaumières), Une femme Supérieure en volume chez H Gautier.La même année Delly commence à paraître en feuilleton dans les revues de La Bonne Presse: La Croix Illustrée, la Croix du Dimanche, Le Pèlerin (en 1906: Père de famille, ill. Tempestini, Les deux fraternités, en 1908 Le testament de Mr d'Erquoy suivi par Le Roi des Andes, L'héritier des ducs des Sailles, Fille de Chouans, etc ... ) Le Noël (en 1908 Le Violon du Tzigane, en 1912 La Voie Divine) et ensuite en volume dans la Collection Bijou.
Ainsi commença la carrière littéraire de Marie Petitjean de la Rosière qui usa d'abord le pseudonyme, suggéré par Frédéric, de M. Delly et ensuite tout court celui de Delly. (il y avait à l'époque une actrice de variété fort connue, Mlle Marcelle Delly et une célèbre cantatrice mondaine Delly-Mô .... ) (4)
En 1910 Marie, était une écrivaine consacrée. Elle était devenue pour la Bonne Presse "notre collaboratrice M Delly" (La Croix 16 Oct. 1910)
En juin 1910, dans la rubrique Petite Chronique de Lettres, à coté des nouveaux livres de Willy et Pierre Loti, Le Figaro dédia 27 lignes à Esclave ou Reine? "Le roman que M, Delly publie chez Pion sous le titre Esclave. ou Reine ? est d'une très réconfortante moralité...."
Tante Sophie, qu'on appelait Tante Chiffon ou Tante Marraine, ne connût pas vraiment le succès de sa petite-nièce. Elle perdait sa mémoire et mourut de pneumonie en 1908.
Marie publia la majorité de ses romans entre 1903 et 1925. Dès cette date jusqu'à sa mort elle ne publia qu'une dizaine de nouveaux romans. Après sa mort en plus des inédits, sortirent aussi des vieux textes avec des nouveaux titres et quelques variations éditoriales.
Les romans Delly se vendaient par milliers. Puisque en 1913 Marie était devenue sociétaire de la Société des Gens de Lettres, et les droits d'auteur étaient à son nom, elle était devenue très riche, mais continuait sa vie modeste et retirée. Son seul plaisir, à part jouer du piano, presque une passion dévorante, était écrire.
in La maison du Lis, Gautier-Languereau, 1924Ce fut Frédéric qui compris les avantages de faire partie de la Société des Gens de Lettres qui protégeait les droits de publication des écrivains et décida Marie à poser sa candidature: elle y fut admise comme sociétaire (le status qu'on donne à un auteur qui a publié au moins six œuvres) en 1913, présentée par l'écrivain/dramatiste Charles Foleÿ (1861-1956) et l'écrivaine féministe Gabrielle Réval (1870-1938).
Frédéric, un homme viril, pratiquant la boxe, aimant les sports en plein air, menant vie mondaine, fut victime d'une malaise — jamais proprement éclaircie (un jour de 1909, on le trouva inconscient au petit matin dans la cuisine) — qui affecta ses jambes et qui entre rechutes et améliorations, le rendit lentement invalide. Il soufrât peut-être de sclérose en plaques ou de dystrophie musculaire.
Il se maria en 1915 avec Emilie Pauline Suzanne Gauthier (5) , qui mourut en 1927 après 12 ans de mariage, passés, soi-disant, en "ménage à trois" avec la formidable belle-sœur. Ils n'eurent pas d'enfants.
À la mort des leurs parents, (le Commandant en 1910, Charlotte en 1928) Frédéric était désormais complètement paralysé, immobilisé sur un fauteuil roulant
Marie se dédia à le soigner et Frédéric intensifia la collaboration qu'il lui avait apportée dès le début de son écriture, y prenant une participation active.
Quoique selon un témoin "seule la sœur écrivait, le frère se contentant de dilapider les gains de la famille Petitjean de la Rosière" (6), Frédéric serait le principal auteur de Esclave... ou Reine, Anita. L'Infidèle , Laquelle, Orietta, Ma Robe couleur du temps, Un Marquis de Carabas, Le Drame de l'étang-aux-biche. Une chose est certaine: dès 1910 (l'année de Esclave ..ou Reine et Anita) le style, les scénarios et le caractère des personnages Delly changent considérablement.Frédéric s'occupait aussi des relations avec les éditeurs et des finances. De toute sa vie Marie rencontra son principal éditeur Tallandier seulement une fois. Leur retenue contribua à créer un mystère sur leur identité.
Le Couvent des Capucins -
Glatigny, Versailles
La Maison des Delly 1958
©Marie-FranceFrédéric passait ses journées à la maison, Marie sortait seulement pour aller à la messe à la Chapelle des Capucins, et passait les après midis à écrire. Une gouvernante, Mlle Irène Mazière, s'occupait du ménage, un jardinier, M. Verger, soignait le parc. "L'été on servait la camomille dans le jardin, mi-ombre mi-soleil; l'hiver dans le salon sur une petite table prés du feu. Puis Marie se levait et, en glissant sur ses pantoufles brodées s'approchait du grand bureau sombre et ouvrait le manuscrit en cours: un éternel cahier d'écolière. C'était l'heure du travail [.....]" (cit. E.Morel in Marie-France, 1958) La maison existe encore et n'a pas changée.
En 1929, les deux frères déménagèrent dans une maison qu'ils avaient fait bâtir à Glatigny (Versailles) et ensemble ils y menèrent une vie anonyme de bourgeois, une vie de rentiers reclus, se dédiant à l'écriture.
Cette vie discrète et silencieuse dura presque vingt ans. Marie mourut d'un cancer le 1er avril 1947, Frédéric en 1949; ils sont enterrés sous leur nom de famille au Cimetière Nôtre-Dame à Versailles. Le dernier roman de Delly, qui parut en 1969 chez Tallandier, fut Le Sceau de Satan.A sa mort, le 26 mai 1949, Frédéric légua la maison à Mlle Mazière, leur patrimoine, qui avait considérablement augmenté avec la vente des leurs livres, aux viellards de l'Hospice de la Providence et leurs droits d'auteurs et leurs manuscrits à la Societé de Gens des Lettres; ils restent les principaux donateurs de la SDGL: une salle au Siège de la Société y est leur dediée (La Salle Delly)
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La presse, les milieux littéraires et le public s'interrogeaient sur l'identité de Delly dès les Années Trente. Certains crûrent que l'auteur était un prêtre, d'autres une religieuse qui avait abandonné le voile.
Alexandre Vialatte en parle dans une lettre de 1935 a Henri Pourrat: "Tant que j'en suis aux informations : Delly n'est pas Mme Doumer, qui est, paraît-il très vexée de cette réputation; Delly est une vieille fille grincheuse, où pas grincheuse qui se fait payer extrêmement cher"Lorsque quelques années avant leur mort les deux frères se rendirent au siège de la SDGL pour discuter la donation de leurs biens à la Société, le Secrétaire qui les reçut et qui ne connaissait pas "Delly", fut choqué de voir arriver deux vieillards qui marchaient péniblement, se soutenant l'un à l'autre. (ref. Prof G. Monnet)
L'Abbé Bethléem non plus ne connaissait pas la vraie identité de Delly. En 1925 il écrit dans "Romans à lire et romans à proscrire" "Delly ...de son vrai nom Marie Salomon" (7)
Seulement à la mort de Marie on découvrit qui était vraiment l'énigmatique Delly. Plusieurs journaux et revues reportèrent le décès
L'Almanach des Lettres par G Duhamel: "APRIL, 2 — Mort à Versailles de Marie Petitjean de la Rosière, qui en collaboration avec son frère, signait du nom de Delly"
"L'auteur le plus lu du monde est morte" annonça France-Soir.
Ici-Paris lui dédia une délicieuse esquisse titrée "La Bonne Demoiselle" dans la rubrique anonyme "Les Rumeurs de la Ville": "Mlle Petitjean de la Rosière , qui vient de disparaitre écrivait en collaboration avec son frère sous le nom de «Delly» [...] Nous l'avons vue, une fois, jadis, dans le cabinet d'un directeur de journal, assez "radin", qui prétendait la payer deux francs la ligne, alors qu'elle demandait cinq francs. Nous vîmes entrer une vieille dame, au charmant sourire, qui avait une robe de soie puce, des mitaines et, sur les cheveux en pieux bandeaux, une capote à brides verte nouées sous le menton, et que surmontait une touffe des cerises. A chaque personne présente elle fit une petite révérence puis s'assit au bord du fauteuil, les yeux baissés. [...] Le directeur, la mort dans l'âme, après une série d'augmentations de cinquante centimes, lui accorda cinq francs. Alors les cerises s'agitèrent pour dire oui. Mlle Petitjean de la Rosière se leva, fit une petite révérence et, sans avoir prononcé une parole retourna au tramway de Versailles”
Les Delly publièrent chez différents editeurs: Didot, Flammarion, Plon, Bonne Presse, H. Gautier, Gautier Languereau et Tallandier.
Les ventes étaient vertigineuses. Par example Des Plaintes dans la nuit, chez Tallandier, attint la 97me édition en 1937, la 233me en 1946.
L'édition de Sous l'oeil des Brahmes chez Tallandier toucha la 140me edition en 1951, celle 1966 de Une mésalliance le 25me millier: vingt ans après leur mort, les Delly continuaient à vendre. Nombreuses familles françaises ont encore quelques exemplaires de Delly chez elles.Delly furent publiés aussi dans plusieurs revues soit de leur vivant soit après leur mort: Bloc Catholique (L'étoile du Roi Boris, 1913) La Liberté (L'étoile du Roi Boris, 1914 et 1950) Revue Française (Les Ombres, 1913) L'Echo de Paris (1917-1919) Le Petit Echo de La Mode (1921), C'est la Mode (1931) Bonnes Soirées (1947-1954), Eve, Lisez Moi Bleu, Mode de Paris, Mode du Jour, Veillées 68, Les Veillées des Chaumieres.
Cimetière Notre-Dame à Versailles
www.landrucimetieres.fr ©Philippe LandruLes livres de Delly furent réédités jusqu'aux années '90. Tallandier publia des manuscrits inédits après leur mort.
La critique littéraire, cependant, ne partageait pas l'enthousiasme des lecteurs:
La revue bibliographique Polybiblion (qui la classifie dans la section "Ouvrages pour la Jeunesse") accuse Delly, dès ses débuts, de manque de viguer, personnages et situations invraisamblables, style ordinaire (voir : Polybiblion 1903, 1905, 1919)
La rédactrice de «La Moisson», réponses aux lectrices, dans Les Dimanches de la femme. porte en 1929, un jugement foudroyant :
VIOLETTE DE CINQ MARS. : B. 416. — Qui donc a dit ici que les romans de Magali ressemblaient à ceux de Delly. Je proteste énergiquement. Ceux de Magali donnent des personnages humains avec leur lot de qualités et de défauts, sensibles au bien comme au mal, véhéments et doux, tendres et rigoureux. violents et sensibles. Et puis, il y a des pauvres... cherchez-m'en chez Delly. Enfin Magali écrit beaucoup mieux, à mon sens. que Delly dont les phrases creuses sont souvent d'un français déplorable. Tel est mon avis".Georges Bernier dans une critique de "La Garçonne" jugea leurs romans "d'une platitude et d'une pudibonderie révoltante”
Yves Olivier-Martin in "Histoire du Roman Populaire in France", Albin Michel, 1980, écrit "Tout le reste de leur vie, ils s'employèrent à écrire des romans conformistes dans lesquels la foi sincère et l'honnêteté récompensées au dernier chapitre apportaient un grand souffle médiéval, voir antédiluvien, dans une littérature oscillante entre «La Garçonne» de Margueritte et les figures perverses de Carco, ou «Les demi-vierges» de Prévost"
Par contre Céline — dans "Entretiens avec le Professeur Y", 1955 — leur paya une sorte d'hommage, (mais pour des considérations strictement financières) "Regardez un peu les Delly! qui gagnent cent millions par an, sans publicité ni critique ... Ils sont bien plus "chromos" (8) que tous les autres .... bien plus traduits que les Balzac, Hugo, Maupassant, Anatole Péguy, Psichari, etc. qui étaient pourtant il faut l'avouer vachement "chromo" mais qu'existent pas question la fadeur, l'insipidité, la morale, a côté des Sister Brother Delly!"
Le cinéma français ne montra aucun intérêt pour Delly: on ne connait que trois films tirés de ses romans, tous étrangers: The rose of Paris, de Irving Cummings, USA 1924 (Mitzi adapté par Lenore Coffee) et Mi adorado salvaje, Mexico 1952, Mağrur Kadin (de l'adaptation de Muazzez Tahsin Berkand du roman Magali) de Burhan Bolan, Turquie, 1962.
Et pourtant cette femme ayant reçu une education limitée, qui usa un vocabulare repetitif, dont les protagonistes se reduisent à trois: un Beau Ténébreux, une fille Agneau-de-Dieu, et une Méchante Diabolique, vendit millions de copies de ses livres. "C'est vraiment l'arnaque littéraire du siècle". (cit P.de Fernac in Those were the times, Exeter University Press, Dept of French, 1971)A noter une pièce “Rosa Delly” 1987 de Maricla Boggio et Valeria Moretti, mise en scène Ugo Gregoretti (signalée par Anto dans le blog italien "Immergiti in un mondo rosa"
Ecrivains catholiques bienaimés du clergé et des milieux catholiques, les Delly furent publiés dans plusieurs pays étrangers (9). Pourtant quoiqu'ils soient cités sur le The New Oxford Companion to Literature in French 1995 et quoiqu' il y ait nombreuses copies (en français) à la British Library et d'autres bibliothèques anglaises (dont Leeds et Southampton), et à la Library of Congress, aux pays anglo-saxons ils ne sont pas connus.
NOTES
(1) L'orthographe originelle du nom de famille était en 1700 de la Rozière. Petitjean de la Rosière commence à apparaitre lors de la Reconstitution de Paris en 1872. La carte d'identité de Frédéric datée 3 Juin 1904 est au nom de la Rosière
(2) Lorsque Paillart publia L'Etincelle en 1905, Marie était dejà parue chez H.Gautier. On se demande pourquoi Mme Dutfoy aurait payé pour publier un livre de sa petite-nièce. En tout cas, Marie lui dédia le livre: "Dédié à ma chère et vénérée grand-tante Mme Dutfoy en témoignage de ma respectueuse affection"
(3) Reinsegnements sur la famille Dutfoy reçus de M. J Dutfoy, 2009.
(4) Il existe dans la bibliographie italienne un titre publié par Tipografia Salesiana (Torino) en 1919 au nom Marcelle Delly. "Ciò che più vale": romanzo. Trad. di M. Porzio Sansoni. 16°. Torino, tipografia Salesiana". Il s'agit d'une erreur
(5) Reinsegnements complets sur Suzanne Gauthier fournis en exclusive par M Alain Philbert, petit-fils de Marthe Gauthier, soeur de Suzanne Gauthier. seront publiés dans la complete biographie de Delly qui paraitra en 2010, dans le numéro du Rocambole consacré à Delly.
(6) cit. in H.Behar et M. Bernard, Université de Paris III in La Nébuleuse des Sentiments in www.revue-texto.net(7) L'Abbé Bethléem fait une erreur de personne qui a perduré pendant des decennies.
Marie Salomon existait vraiment: elle était institutrice, femme de lettres, traductrice, femme de Charles Salomon et amie de l'écrivain Alain. En 1900 elle participa à l'Exposition universelle au Congrès international de l'enseignement secondaire où elle présenta un rapport sur "Complément pratique de l'éducation morale des jeunes filles..." Elle devint ensuite directrice (1913-1941) du Collège Sévigné fondé par sa tante Mathilde Salomon.
En 1925 l'Abbé Bethléem dans son Romans à Lire et Romans à proscrire, affirme que le vrai nom de Delly est Marie Salomon.
En 1928 il continue a écrire "M Delly de son vrai nom Marie Salomon prend une place de plus a plus importante parmi les écrivains de marque"L'Almanach du Petit Echo de la Mode, 1933 dans une petite rubrique de pseudonymes, porte aussi Delly pseudo. de Marie Salomon (notice sans doute reprise de l'Abbé).
A l'Université de Navarre (ES) une traduction espagnole de Les Ombres (Flammarion, 1925) est cataloguée comme "Marie Salomon, dite M. Delly, Sombras...Trad. Manegat, Luis G. Coleccion ¨Princesa¨, XXXVIII, Eugenio Subirana, Barcelona, 1929
On trouve Delly ou Marie Delly pseudo de Marie Salomon dans plusieurs bibliographies jusqu'aux années Cinquante:.
Books Abroad, 1927 & 1953 : Salomon Marie voir Delly, pseudo.
Le Bulletin bibliographique de la Société des écrivains canadiens de 1937 (pag63) DELLY [pseud. de Marie Salomon]
Brinkman's catalogus van boeken en tijdschriften Netherlands, 1931/1935: Delly (M.), [pseudoniem van Marie Salomon].
Biblio 1935 : Marie, Delly: pseudonyme de Mlle Marie Salomon(8) "chromo" = abrév. de chromolithographie. Dans ce contexte un terme péjoratif pour indiquer une littérature faible, sentimentale, commerciale.
(9) Aux Pays de langue portuguaise, Mlle Petitjean était connue comme Madame Delly*****
(sources: M. Guérin/D. Paulvé, Le roman du roman rose, Lattes & M. G. Monnet & Jean-Luc Buard (Le Rocambole) & Societé des Gens de Lettres, Paris & Archives Nationales Paris & Alain Philbert, petit-fils de Marthe Gauthier, soeur de Suzanne Gauthier & other sources masked
The main source of this text is Eisabeth Morel's article "Les Frères Delly" in Marie France, 1958.Original text in French by Anna Levi.
Tous droits réservés - 2002 - Anna LeviThe copyright of the photos, which appeared in the article and cannot be reproduced without permission. belongs to SDGL
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