BIBLIOTECA DEI MIEI RAGAZZI

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CATALANY MYRIAM
(Perpignan (66) 1885- 1963)
Pseud. de Marie- Barrère Affre

C'est à Perpignan, au 8 de la rue Neuve, que naît en 1885 Marie Affre, d'une famille chrétienne originaire du Roussillon, terre catalane. Elle est la cadette de quatre filles.

Son père est notaire, sa mère décède alors qu'elle est encore jeune.

Elle fait ses études et reçoit l'éducation des jeunes filles de la bonne société au pensionnat Ste Marie de Perpignan. Elle y est très imprégnée par la religion car elle est aussi l'arrière petite fille de Mgr Denis Auguste Affre,  archevêque de Paris, tué sur les barricades lors de l'insurrection en 1848.¹

Très douée, en particulier pour l'écriture, elle débute très tôt sa carrière littéraire sous le pseudonyme de Catalany emprunté à sa chère Catalogne.

Ce seront d'abord des contes et des poésies qu'elle signera Violette des Pyrénées publiés dans le journal chrétien «  Le Noël ». Elle apporte son concours à un club de l'Association de l'Union Noëliste ouvert aux lectrices âgées de plus de 15 ans et ayant au moins deux ans d'abonnement. Les membres s'y échangent des nouvelles personnelles, organisent des réunions, des rencontres littéraires et des messes mensuelles. Catalany en devient la présidente en 1906.

Catalany qui parle parfaitement le catalan est lauréate en 1914 du prestigieux concours annuel de poésie en langue d'Oc des Jeux Floraux de Toulouse, sur un sujet religieux à la gloire de la Vierge Marie ,elle est nommée Maître ès Jeux Floraux, distinction qu'elle obtiendra une nouvelle fois en 1918.

En janvier1914 Marie épouse Raoul Barrère ,il est le frère de son amie Marthe (1888-1978) elle aussi dans le groupe noëliste ..Les parents, Jacques et Maria Nicolau de Flos,de Thuir, sont de riches propriétaires terriens, ils ont quatre enfants , Marthe, Yvonne,Etienne, et le cadet Raoul . Il a été élève à l'Ecole de Sorèze (1900-1901) et a fait son service militaire dans la marine.

En mars 1914 le jeune couple part s'installer au Maroc, c'est le début de la pacification, ils habiteront d'abord à Casablanca dans le quartier Les Roches Noires. Marie continue d'écrire tandis que son mari s'est lancé dans le commerce de machines agricoles, mais la guerre éclate au mois d'août, et, comme tous les hommes, il est mobilisé pour la défense du territoire marocain.

Marie suit son mari de kasba en kasba pendant ses déplacements tant dans son travail que lorsqu'il est dans l'armée. Elle tient un espèce de dispensaire médical, assiste aux mariages et aux funérailles berbères, pénètre dans la vie de la population locale.. elle participe même avec ses poules à un concours agricole et y gagne un diplôme. « un diplôme ? J'en ferai un triptyque avec mon diplôme de Noëliste et mes Lettres de Maîtrise des Jeux Floraux. Ce sera original, inédit… »

Elle n'oublie pas pour autant ses amies noëlistes. Le 1 er décembre 1915 de Ouled-Salah près de Fez elle leur envoie une poésie dédicacée. »Aux Noëlistes de Reims, fraternellement. »

Catalany racontera ces années marocaines de mai 1914 à décembre 1918 dans « La Kasba parmi les tentes Croquis marocains (Bayard, 1919) ».

En 1919 ils rentrent en France pour régler la riche succession du patrimoine Barrère mais cette réinstallation en France ne leur apporte pas les satisfactions espérées aussi dès 1927 ils repartent . On les retrouve à Settat, puis ils habitent Ouarzazate e Tamelet-el-Djedid, on les trouve encore à Mogador en 1939 où Catalany écrit « Lalla Aïcha » .Il y resteront jusqu'à la mort de Raoul en 1955. Marie ne quittera le Maroc qu'en 1957.

Deux enfants sont nés de l'union de Raoul et Marie, Edmond en 1915 que sa mère appelait affectueusement Dédé, et Maryvonne née en 1923 à laquelle sa mère dédia «  Poussière dans le Chergui (Arthaud 1946).Ils ont une nombreuse descendance parmi laquelle Jacques, Pierre et Michelle Barrère.

Marie ne cesse jamais d'écrire. En 1931 elle entre à la Société des Gens de Lettres .

A l'occasion des Jeux Floraux de 1939 Emile Thouvenez, professeur à l'université de Toulouse dans son discours pour remise de la médaille de vermeil à Marie proclame : « Vous étiez catalane, Myriam Catalany, et pour suivre votre époux, la rigueur de l'amour vous a fait fuir la patrie : si, du moins, c'est fuir la patrie, quand on est française, que franchir la mer qui est notre Mare nostrum et porter au Maghreb l'esprit de la France. ».

Marie gagna nombreux Prix littéraires : Prix du Jasmin d'argent, 1923 (Poésie) ;Prix Littéraire du Maroc 1941avec «  Timimmit Ksourienne » publié en 1938, qu'elle dédia à son mari ; Prix des Editions Ringier 1950 (Prix suisse voir L'ILLUSTRE No 27 du 05.07.51) avec «  Le Jardin condamné ». Couronnée par l'a Académie Française pour «  La Kasba parmi les tentes. Croquis marocains »

Douée d'une imagination fertile, soutenue par d'excellents recherches bibliographiques Catalany écrit des romans exotiques et historiques comme Le secret de Pallahore , 1926 in "Étoile Noëliste", Haine de Brahmane , 1931, La Guerre du Soleil , 1925, Les fugitives du Palatin, 1925 et Nidikê, 1936 .

Elle joignit le nom de son mari au sien pour la majorité de sa production littéraire destinée au adultes. Plusieurs de ses romans publiés au nom Barrère-Affre se déroulent au Maghreb et ont comme protagonistes des berbères ,s'inspirant de contes faisant partie des traditions orales. Barrère-Affre les interprète comme le font d'autres écrivains sur les thèmes que sont l'exotisme et le folklore franco-maghrebins. (Jérôme et Jean Tharaud, François Bonjean) (V. "Politique berbère et littérature au Maroc colonial", Maurice Le Glay et Marie Barrère Affre, in The Maghreb Review, Londres, vol. X, n°1-2/1985).

Catalany a écrit plus d'un centaine de romans et a collaboré a plusieurs revues. En plus de « Le Noel » pour lequel elle écrivait encore dans les années 30, elle écrit dans Le Petit Echo de La Mode, A la page: hebdomadaire des Jeunes, dans La Semaine de Suzette (pour la première fois, en 1909,Le voyage de Mimosa), L' Etoile Noëliste , Les Veillées des Chaumières .

Cultivée et intelligente ‘véritable femme de lettres' elle a aussi écrit des critiques littéraires et politiques toujours sur des sujets maghrébins.

Elle fut très liée à la Maison de la Bonne Presse( devenue ensuite Bayard Editions) , fondée en 1898 par les Pères Assomptionnistes et spécialisée dans la littérature pour catholiques pratiquants. Elle fut aussi une de leurs plus fidèles scénaristes de romans cinématiques entre 1920 et 1956.

Après son retour en France en 1957 et la fin de son contrat avec la Bonne Presse elle vécut très chichement dans sa région natale avec l'aide du Père Roger Guichardan qui continuait à publier ses feuilletons dans Le Pèlerin.

Catholique pratiquante depuis toujours elle fut destinataire d'une Bénédiction papale à l'occasion de la Communion de l'un de ses petits-fils. Elle en parle dans une lettre à son éditeur italien SALANI..

Elle meurt en 1963 et repose dans le cimetière de Perpignan.

¹ Pour rendre hommage à Mgr Affre, on donna le nom d'Affreville à un petit village près d'Alger. Le village devint, du temps de la colonisation une ville prospère. Après l'indépendance en 1962 seule resta comme seul chrétien la statue en bronze de Mgr Affre,inaugurée en grande pompe il n'y avait pas si longtemps et qui bénissait un silence dévasté (cit. Marie ELBE in Affreville, village de colons.)

(Rédaction  de Nicole Minot)

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